Pages

Categories

Search


Le fameux « complot » international contre la RDC

Le fameux « complot » international contre la RDC

by
16/02/2014
RDC
No Comment

Au sein de la Communauté congolaise de l’intérieur du pays et de la diaspora, il se dit que la RDC est sous le coup d’un complot international. Ce complot serait le facteur explicatif du positionnement du monde politique et intellectuel belge et international sur la question congolaise (la reconnaissance et la légitimation du pouvoir politique actuel issu d’un processus électoral massivement contesté, la non prise en compte par les juridictions internationales des causes et conséquences humaines de près de vingt ans de conflit armé avec à la clé plus de huit millions de morts directs et indirects, etc.)
Si complot il y a, comment arriver à le déjouer sans en saisir les fondements ou éléments constitutifs ?
Le but de cet article est justement d’apporter un cadre théorique et analytique permettant de saisir le positionnement du monde politique et intellectuel belge d’une part et d’autre part, le positionnement de la Communauté internationale vis-à-vis de la RDC et sa population.
Dans un premier temps, analysons la question du point de vue de l’élite politique et intellectuelle belge. Par extrapolation, ceci permettra de comprendre l’attitude de la Communauté internationale par rapport à la question congolaise.
Oublions une seconde les déterminants ou intérêts économiques des multinationales, que j’admets volontiers avoir une influence sur l’attitude des responsables politiques et de l’élite intellectuelle en Belgique et au niveau de la Communauté internationale.
Dans le cadre du contexte belge, il faut tout d’abord noter que le système politique belge est articulé ou construit sur une pilarisation de la société. Ceci veut tout simplement dire que le monde politique et social belge s’est construit et développé sur les piliers (catholique, socialiste et libéral) qui agrègent un parti, une organisation syndicale, une mutuelle, moult associations, etc. En apparence, il n’existe presque pas de communication entre ces segments. [1]
Il y a néanmoins un lieu où se rencontrent les représentants de ces piliers. C’est le lieu des élites. Ce sont elles qui discutent et façonnent la décision politique.
De ces élites (politiques, intellectuelles et sociales) sont attendus un certain nombre de comportements dont :
sur la quasi -totalité des questions (nationales et internationales), il doit y avoir entre elles un accord minimal de façon à maintenir le système. Cet accord minimal peut prendre la forme d’une attitude ou position commune par rapport à certaines questions interne et supra.
Dans une configuration nationale, l’absence de cet accord minimal est une menace pour le système (fait de ces élites nationales et internationales).
A mon sens, c’est ici qu’il faut trouver l’explication de ce que les congolais considèrent être un complot de la Communauté internationale vis-à-vis de la RDC.
Pour leurs intérêts, toutes les composantes du système doivent adhérer à l’accord minimal. La position (officielle) de la Belgique vis-à-vis de la RDC n’est pas le fait de quelques personnalités politiques belges mais de tout le système. Au niveau international, mise à part l’idée d’une articulation de la société internationale sur une pilarisation, le reste fonctionne quasi à l’identique de ce qui vient d’être décrit pour la Belgique.
Seva-NDIBESHE
[1] Le vote des Belges. Pascal Delwit et Emilie Van Haute. Science Politique. Éd de l’Université de Bruxelles – 2008