Pages

Categories

Search


Heinrich Mann

Heinrich Mann

by
11/02/2014
Littérature
No Comment

Heinrich Mann, un homme qu’on ne devrait plus présenter, mais dont j’ai décidé de vous brosser le profil.

Il est Allemand, Prix Nobel de la littérature en 1950, penseur républicain et admirateur des Lumières. Une conscience dans la république de Weimar dont il critique les idées nationalistes dans son oeuvre « la Deutsche Republik ».

Il reproche à la jeunesse allemande de l’époque sa fascination pour la technique (une technique au service de la guerre) et le peu d’intérêt qu’elle accorde à l’idéal démocratique. Cette jeunesse n’est pas selon lui à la hauteur de l’humanisme et de la raison.

Face à cette tension avec sa propre société (allemande), il se tourne vers l’idéal européen qui pour lui est le seul moyen de réaliser la liberté démocratique.

Ce que je retiens de lui, c’est sa contribution et sa vision de la construction européenne. Il imagine une Europe d’esprit. Selon lui, l’Europe se construira par les intellectuels. Il parle de l’Europe des poètes, des écrivains. Il est convaincu du rôle de ces derniers dans la construction européenne. À ce sujet, il accorde une importance capitale au couple franco-allemand.

En parlant du rôle du poète dans la construction européenne, il déclare : « le réel nait d’abord d’une visée idéale. Une idée est déjà une force d’incarnation. Toutes les structures existantes
ont tout d’abord été des imaginations, des idées ».

Selon lui, il faut soutenir une idée en ce sens qu’elle est en soi une véritable force de réincarnation. Faire une oeuvre, c’est selon lui créer un monde nouveau. De ce point de vue, le poète, l’écrivain… sont des hommes (femmes) politiques. Leurs travaux participent à la création d’un monde concret.

Il n’hésitera pas à défendre l’idée d’une Europe alors que dans son propre pays se développe un véritable État nationaliste.

En 1949, il est nommé Président de l’académie allemande des Arts de Berlin-Est. Il meurt en Californie l’année suivante (1950) dans la solitude, désargenté et sans avoir pu effectuer le retour désiré vers la République démocratique allemande. Son corps fut rapatrié des États-Unis en 1961. Heinrich Mann repose maintenant au cimetière de Dorotheenstadt à Berlin.

Son oeuvre majeure est et reste le roman d’Henri IV de Navarre « Le grand dessein d’Henri IV ».

Le roman. Parlons-en une seconde. Le Roi Henri IV de Navarre y est présenté comme suit : le petit garçon des montagnes énormes. Les montagnes énormes sont les Pyrénées. Le petit garçon, pour évoquer la fragilité, la faiblesse. Les montagnes énormes font allusion à la puissance, à la force, à la domination qui vous incitent à vous (é)lever. C’est l’idée de l’écrasement qui incite au désir de se libérer ou s’émanciper. Dans ce roman, le héros est mis dans un contexte sceptique. En tant que Roi, il a le pouvoir, un pouvoir qui n’est rien (et il en a conscience) par rapport au grand dessein : l’Europe à construire.

Ainsi, l’auteur nous apprend que le pouvoir et la puissance ne sont pas une finalité. Le plus important, c’est le projet. La puissance ne se trouve pas dans le pouvoir conquis, mais plutôt dans la capacité à se projeter. La grandeur se trouve dans la conscience du parcours qui reste à accomplir.