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NOUVELLE APPROCHE DE LA POLITIQUE EN MATIERE D’ASILE ET IMMIGRATION

NOUVELLE APPROCHE DE LA POLITIQUE EN MATIERE D’ASILE ET IMMIGRATION

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02/03/2015
Monde, Politique
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Le constat est là. À Lampedusa, Melilla, Gibraltar, Ceuta, la politique répressive (intercepter
et reconduire hors frontières européennes) ne pourra empêcher (aujourd’hui, demain, les
semaines, les mois et les années à venir) l’entrée des migrants africains sur le territoire
européen. Le nombre de migrants africains arrivés depuis +/- 10 ans aux frontières de
l’Europe, soit plus de 100.000 personnes, témoigne de l’échec de la forteresse Europe et du
choix répressif adopté par plusieurs États membres.

Lorsque la politique en vigueur axée sur l’interpellation et la reconduite hors frontières arrive
d’un côté à renvoyer 10, 100, 500 candidats à l’immigration, de l’autre, ce sont 100, 1000
voire 100.000 autres qui arrivent sur le sol européen. Il est donc temps de mettre en place
une nouvelle approche de la question migratoire. Une approche plus responsable et plus
humaine.

Si rien n’est fait dans le sens de traiter la question à la source, la pression migratoire actuelle
ne représente rien face à ce qui va arriver dans les années à venir puisqu’en Afrique et
ailleurs, il n’y a pas que les jeunes générations qui veulent partir. Tout le monde veut gagner
l’Europe ».

Face à cette situation, il est plus que temps que l’Europe change de politique en mettant en
place une nouvelle approche basée sur une politique européenne articulée autour d’un
dispositif central « le dispatching européen » et ce, afin d’assurer une meilleure application
des conventions internationales principalement la convention de Dublin I et II, et donc de
répartir équitablement la charge que représente l’accueil des migrants sur le territoire
européen.

En effet, c’est un fait connu, certains pays européens intéressent les candidats à
l’immigration plus que d’autres pays, et ce, pour deux raisons principales :
- une politique sociale généreuse
– la situation favorable du marché de l’emploi.

Par ailleurs, la nouvelle approche devra travailler sur une responsabilisation très forte des
pays et dirigeants africains (et autres pays du Sud) à travers une redéfinition du rôle de
l’enveloppe budgétaire destinée à l’aide au développement. Les États africains ainsi que
l’Union africaine ne doivent plus continuer à se comporte en irresponsables, comme si cette
affaire-là ne les concerne pas. Il est grand temps qu’une partie de l’enveloppe budgétaire
destinée à l’aide au développement soit au service de la politique d’asile et immigration dans
le cadre de la nouvelle approche.

Concrètement, une partie de fonds destinés à l’aide au développement doit dorénavant être
dirigée vers la constitution d’un fonds pour l’insertion des jeunes générations dans leurs
propres pays (au niveau local). Il s’agit de travailler à une politique d’insertion et d’intégration
au niveau local de sorte à donner à ces jeunes générations les raisons de ne plus quitter
leurs pays.

Dans la cadre de la nouvelle approche, les pays africains devront réaliser des résultats en
matière d’insertion et d’intégration de leurs ressortissants. Les pays qui n’atteindront pas les
résultats convenus verront l’enveloppe (aide au développement) réduite de l’équivalent du
coût de l’accueil et de la prise en charge de leurs ressortissants sur le territoire européen.

Ceux qui obtiendront de très bons résultats verront l’enveloppe maintenue, voire valorisée.

Les États africains ainsi que l’Union africaine ne peuvent plus continuer à se
comporter en parents irresponsables. Il est temps que s’arrête ce type de rapport
entre l’Afrique et l’Europe, un rapport qui déresponsabilise le continent africain.